En Nouvelle-Calédonie

Une année scolaire décalée

Je ne vais vivre que 7 mois en Nouvelle-Calédonie, trop peu bien sûr pour découvrir un pays, un peuple… mais cette période sera humainement très riche.

L’année scolaire de la Nouvelle-Calédonie est calquée sur celles de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, c’est-à-dire février à décembre. J’arrive en juin, au deuxième trimestre. Sortant d’une année scolaire polynésienne bien remplie, je décide de faire une pause pour me reposer, écrire pour la littérature jeunesse, mon vieux rêve et m’occuper de la nouvelle version du site web.

Les choses ne vont pas se passer comme prévu. J’ai la bougeotte ! Au bout d’un mois de pause, enseigner me manque. Je prends quelques élèves en cours particuliers, chacun de nationalité différente. Je me régale !

Lutte contre l’illettrisme

Couverture Coyote mauveLa lutte contre l’illettrisme m’attire depuis longtemps. Je décide de découvrir ce terrain en proposant mes services à une structure de bénévoles. Quand je parle de mon approche basée sur la littérature jeunesse, la plupart des membres de l’équipe sont sceptiques… Ils travaillent avec des adultes en difficulté et ne voient pas ce que la littérature jeunesse pourrait leur apporter. Mais j’ai la chance d’être soutenue par la responsable de l’équipe, Marie, une enseignante à la retraite, qui dès le départ m’encourage à travailler « à ma façon ».

Johanna est une dame d’un certain âge, d’origine autrichienne, qui a de grosses difficultés pour s’exprimer en français. Chaque semaine, elle vient pour apprendre les bases de français et perfectionner son oral qui est laborieux, à cause de son accent autrichien prononcé. C’est une femme charmante, très réservée, se mettant peu en avant. Marie assure les cours en bilingue allemand/français.

Couverture de Roulé le loup !Le hasard fait qu’un jour, Johanna et moi nous retrouvons seules. Je ne parle aucun mot d’allemand ! J’ai le choix entre partir en courant et rester et tenter l’expérience ! Je propose à Johanna de se lever pour faire un peu de gymnastique du cerveau afin de préparer sa concentration et surtout la détresser. Le côté ludique de la séance crée une ambiance décontractée.
Je souris à Johanna et lui annonce que je vais lui lire une histoire pour enfants. Je sors mon album, destiné à des « petits bouts » et commence à raconter l’histoire, en articulant, gesticulant, mimant… Johanna est plus proche des 70 ans que des 5 ans… mais je vois ses yeux pétiller. Je pose le livre et l’invite à le relire ensemble. À ma grande surprise, Johanna sort de sa réserve et m’accompagne dans la lecture à haute voix.

Carole lisant un album jeunesseQuand je revois Marie, elle me confie que Johanna a été ravie de cette séance de lecture. Nous décidons de retenter l’expérience en nous servant des albums jeunesse pour travailler l’acquisition du vocabulaire et de la syntaxe.

Chaque semaine, pendant plusieurs mois, je suis allée lire et animer un album pour enfant à une dame d’un certain âge et cela n’avait rien d’infantilisant. Nous étions dans une autre forme d’apprentissage, très riche, créative, originale. Je garde un magnifique souvenir de ces moments « hors du temps » et j’en profite pour remercier du fond du cœur Marie pour tout le soutien qu’elle m’a apporté pendant mon séjour en Nouvelle-Calédonie. Cette expérience m’a également permis de suivre ma première formation à la Sensibilisation à la lutte contre l’illettrisme.

Littérature jeunesse de Nouvelle-Calédonie

Couverture de La petite tresseuse kanakLe travail sur la nouvelle version du site tulaludi.com est intensif et passionnant. Je projette d’utiliser ce support pour faire connaître en métropole la littérature jeunesse du Pacifique.

Je contacte les professionnels du livre de la Nouvelle-Calédonie pour découvrir le fonds littéraire jeunesse du territoire. À l’occasion d’une causerie organisée par la très bonne librairie Calédolivre, je fais la connaissance de Yannik Prigent, auteur engagé qui vient de sortir deux albums : La petite tresseuse kanak et L’origine des lignes de la main.

Retour à mes racines

Vue aérienneFin décembre 2009, je fais mes adieux au Pacifique Sud après 16 ans passés loin de mes racines. Elles me manquent.

Billet « aller simple » pour la France métropolitaine…

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